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Exploitation illicite de l’or camerounais : les chinois pris pour bouc émissaire par des sinophobes

Alors que l’Etat camerounais a lancé une opération d’assainissement du secteur de la production de l’or du pays, quelques sentiments antichinois circulent dans les réseaux sociaux depuis hier, 8 avril 2026.

Genèse d’une polémique inutile

Tout est parti sur un communiqué signé le 06 avril 2026 par le Pr. Fuh Calistus Gentry, ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (ai) du Cameroun. Dans ladite lettre, le ministre invite tous les opérateurs de la nationalité chinoise du secteur de l’exploitation artisanale semi-mécanisée de l’or, à une séance de travail pour l’assainissement dudit secteur, qu’il présidera ce 09 avril 2026 à 14H, en présence de l’Ambassadeur de la République populaire de Chine au Cameroun ou de son représentant.

Alors que le document en question a apparu sur Facebook, le 08 avril 2026, les « lanceurs d’alertes payantes », imposteurs et autres utilisateurs de mauvaise langue des réseaux sociaux, ont rapidement fait des publications antichinoises sur leurs pages, démontrant avec leur propre théorie comment « les chinois sont des pilleurs des ressources naturelles du Cameroun ». C’est une fausse déclaration ou au pire, un sentiment de rejet emballé d’une connaissance médiocre de ce que la Chine fait pour le développement de la mine du Cameroun. En tant que principal partenaire stratégique dans tous les projets miniers du Cameroun, la Chine ne peut encoder le crime minier du pays. Les chinois sont pour la plupart, des actionnaires majoritaires aux chantiers miniers du Cameroun. Concrètement, ils investissent énormément dans le secteur de la production de l’or et de fer du pays et proposent également des bonnes initiatives pour une exploitation durable de ces précieux métaux.

Ce qui est de l’assainissement du secteur semi-mécanisée du Cameroun

Ce qu’il faut savoir est que : même si les chinois sont majoritaires dans le secteur de la production semi-mécanisée du Cameroun, il faut quand-même retenir que l’opération lancée par l’Etat via son ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT), concerne tous les producteurs du secteur, qu’ils soient nationaux ou expatriés. Il faut dire que peu avant la séance de travail du 09 avril 2026, le MINMIDT a tenu la même réunion avec d’autres producteurs de l’or du Cameroun. Il s’agit par exemple de la réunion trilatérale Australie-Cameroun-Etats-Unis qui s’est tenue au début du mois d’avril 2026 au MINTMIDT afin de renforcer la coopération entre les trois pays et de discuter sur une exploitation responsable de la mine camerounaise et de développement du secteur.

Néanmoins, le Cameroun a déjà quelques exigences pour lever le problème de la production illicite de son or. En effet, du 22 au 23 mars 2026, les responsables du MINTMIDT et de la Société Nationale des Mines du Cameroun (SONAMINES), ont mené une opération « coup de poing », suspendant les activités d’exploitation dans la région de l’Est, bassin aurifère du pays. Pour être admis à la reprise des activités d’exploitation, le pays exige en revanche à un demandeur : la signature de l’engagement du seuil minimal de production (10kg par mois), en attendant la mise en place d’un système de lavage en vase clos ; le payement de la caution de réhabilitation des sites de 63 millions de FCFA (dont 3 millions de FCA par hectare) ; l’obligation de migrer vers l’exploitation dans un système à vase clos dans un délai de 6 mois. Pour les nouveaux exploitants, l’Etat du Cameroun exige en plus de tout ce qui précède, une étude sommaire (sondage) du site.

Au clair, il faut dire que l’exploitation illicite de l’or camerounais est une affaire de tous les opérateurs voués dans le secteur. Si l’Etat a enfin décidé de réorganiser le secteur, c’est qu’il faut s’en réjouir car il est tout à fait normal. En aucun cas, la Chine ne peut participer à un cas de crime minier au Cameroun, de même que tout autre partenaire soucieux de l’émergence du pays. Faire donc de la discrimination dans une affaire général n’a pas sa place.

Gérard Njoya

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