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Nationale N°5 : Sur le terrain, le MINTP prescrit l’urgence avant la grande reconstruction Douala-Bafoussam

Le 1er octobre 2026, le ministre des Travaux publics du Cameroun, Emmanuel Nganou Djoumessi, a chaussé ses bottes sur l’axe Douala-Bafoussam situé sur la Nationale N°5.

Accompagné du directeur général de la CFHEC et de son état-major technique, l'”ingénieur de l’Etat” a parcouru de bout en bout l’itinéraire Douala-Bekoko-Pont du Nkam, sur la Nationale N°5. L’objectif de cette descente était de toucher du doigt l’état réel de la chaussée, apprécier la mobilisation des équipes et prescrire des solutions immédiates, en attendant la mise en place du financement lourd destiné à la reconstruction complète de l’axe Douala-Bafoussam. Une descente musclée, rythmée par quatre escales majeures où chaque nid-de-poule a été ausculté, catégorisé et confié.

Bekoko-Loum (82,2 km), le point noir

C’est le tronçon le plus dégradé. Sur 82,2 km, le ministre a multiplié les arrêts. Le constat est qu’il se trouve des affaissements profonds et des zones totalement déstructurées, non traitées sur cet axe lors du précédent contrat d’entretien faute de ressources. Ici, la simple opération de bouchage ne suffit plus. M. Nganou a prescrit une thérapie de choc à l’entreprise chinoise CFHEC (China First Highway Engineering Company), déjà mobilisée sur site : Scarification des zones fortement dégradées, recyclage des matériaux de la chaussée existante, reconstitution de la couche de fondation en ballast, compactage et revêtement.

Mais en attendant, les équipes procèdent aux opérations préalables : bouchage des nids-de-poule les plus critiques et nettoyage complet de l’emprise pour sécuriser les usagers.

Loum-Pont du Nkam (67 km), on peut mieux faire

L’ambiance change à ce niveau. Sur cette section de 67 km, on roule mieux. Les dégradations relevées sont légères mais nombreuses et pénalisent la fluidité. Le maître d’Ouvrage a été clair avec la deuxième entreprise mobilisée, le géant chinois SINOHYDRO : pas de répit. L’entreprise a déployé trois ateliers, dont une centrale à enrobés. Sa mission consiste à faire un bouchage systématique et pragmatique de tous les nids-de-poule, sans attendre la “bouille”, engin spécialisé, pour gagner du temps.

Pont du Nkam-Echangeur de Bandjoun, la Brigade en première ligne

Au-delà du Pont du Nkam jusqu’à Bandjoun, c’est la Brigade Nationale des Travaux en Régie du ministère des Travaux publics du Cameroun (MINTP) qui est à la manœuvre. Sa feuille de route est triple et consiste à faire le bouchage des nids-de-poule, dégagement des accotements et des abords pour améliorer la visibilité, et traitement des points critiques avec curage des caniveaux.

Au total, un dispositif d’urgence à trois têtes est donc opérationnel depuis ce 1er octobre 2026 : CFHEC sur Bekoko-Loum, Sinohydro sur Loum-Pont du Nkam, et la Brigade MINTP sur Pont du Nkam-Bandjoun.

Recycler pour tenir, la méthode retenue pour les travaux

Face aux trois options techniques proposées par les entreprises, le ministre a tranché. L’option retenue consiste à scarifier, recycler les matériaux de chaussée et compacter. Une technique économique et rapide qui vise à stabiliser les sections non traitées, améliorer les conditions de circulation et préserver la durée de vie résiduelle de la chaussée. Il ne s’agit que d’une réponse d’urgence, insiste le MINTP. Le traitement va prendre de l’envergure avec le retour de la saison sèche favorable.

Cap sur 2027, la grande reconstruction avec la BID

Cette intervention d’appoint ne doit pas faire oublier l’essentiel : la reconstruction définitive de la Nationale N°5. Le projet structurant Douala-Bafoussam (environ 270 km) est engagé avec l’appui de la Banque Islamique de Développement (BID). Le financement est en cours de finalisation pour un démarrage annoncé en 2027.

Contrairement aux travaux d’entretien actuels confiés à la CFHEC, Sinohydro et à la Brigade, le marché de la reconstruction fera l’objet d’un appel d’offres international distinct. Les adjudicataires définitifs de la reconstruction lourde ne sont pas encore notifiés. Les études sont achevées et le MINTP, avec la BID, finalise le processus de sélection des entreprises qui auront la charge de reconstruire totalement la chaussée, les ouvrages et les échangeurs.

En attendant, la consigne du 1er octobre est sans appel : relever le niveau de service, assurer la sécurité et rendre la Nationale N°5 au Cameroun à nouveau fluide pour les usagers et pour l’économie des régions du Littoral et de l’Ouest du pays.

Gérard Njoya

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