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Falaise de Dschang au Cameroun : la circulation rétablie sur la R0606, 11 mois après l’effondrement

Sous une pluie battante qui n’a découragé personne, la falaise de Dschang dans la région de l’Ouest au Cameroun a repris vie. Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a procédé le jeudi 1er octobre 2026, à la mise en service officielle de la section reconstruite de la route régionale R0606 Bamougoum-Dschang-Santchou.

C’était une cérémonie à forte symbolique, en présence du vice-premier ministre Jean Nkuété, du ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Jean de Dieu Momo, des autorités administratives et municipales de la Menoua, du recteur de l’Université de Dschang et d’une foule nombreuse venue braver la météo pour vivre ce moment sur le flanc de la falaise.

On se souvient bien de la date du 5 novembre 2024, lorsque des effondrements massifs avaient emporté près de 732 mètres de chaussée, coupant l’un des axes les plus vitaux de l’Ouest. La réponse est venue en un temps record.

367 mètres de prouesse technique

Ce qui a été ouvert ce jour n’est pas une simple réfection. C’est un nouveau tracé de 367 mètres, déporté de 100 mètres par rapport à l’ancien, jugé trop vulnérable. Un choix assumé pour plus de sécurité.

Dans son allocution, le ministre Nganou Djoumessi l’a souligné : « Il ne s’agit sans doute pas d’une première dans le monde, mais ces travaux reflètent une position technique consensuelle des équipes à faire mieux, à braver les obstacles naturels et surtout, à matérialiser la vision du Président de la République, Son Excellence Paul Biya, dans son œuvre de développement du réseau routier. »

Pour y parvenir, le ministère des Travaux publics (MINTP) a eu recours à une technologie inédite au Cameroun : le remblai renforcé par géosynthétiques. Une solution mise en œuvre par l’entreprise chinoise China First Highway Engineering Company (CFHEC) et son partenaire technique, le groupement Debaker / Huesker / Geo Geosynthetics, sous le contrôle technique du bureau d’études camerounais ECTA BTP.

Le film projeté à l’esplanade, commenté par le Directeur Afrique de Huesker, a montré l’ampleur du défi. Le résultat est impressionnant : un gigantesque remblai de 34,5 mètres de hauteur, stabilisé par des géosynthétiques de dernière génération ; une assise d’enrochements solides ; un dalot de 2m x 2m sur 46,6 mètres de long pour assurer la continuité hydraulique et un dispositif complet de drainage et de captage des eaux pour éviter tout nouvel effondrement.

Un chantier-école remblayé en seulement 90 jours.

Au-delà de la technique, la reconstruction de la falaise de Dschang est une victoire de l’intelligence collective. C’est ce qu’a voulu retenir le MINTP. L’ouvrage est le fruit d’une approche pluridisciplinaire qui a fusionné les savoirs des ingénieurs camerounais, de la diaspora, des équipes de la CFHEC et surtout, des chercheurs de l’Université de Dschang.

Le recteur de l’Université, dans son intervention, est revenu sur cet apport décisif. Les recommandations consignées dans le Livre blanc des chercheurs sur la nature des sols et la stabilité du massif ont été intégrées dans la solution finale. Une collaboration saluée par le maire de Dschang, qui a rendu hommage aux Très hautes directives du président Paul Biya ayant prescrit la reconstruction.

Pour le ministre des Travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi, ce modèle doit faire école : « Ce déploiement des chercheurs et universitaires dans leur mission d’appui au développement ne doit pas s’arrêter là. Il pourrait constituer le point de départ d’une mutualisation des ressources, afin de tirer profit du potentiel humain, naturel et géophysique du département de la Menoua. » L’objectif est d’apporter des solutions endogènes là où l’importation des matériaux est limitée.

Rétablir, préserver, poursuivre

Clôturant la cérémonie, rythmée par les animations des populations et des militantes du parti politique le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Emmanuel Nganou Djoumessi a insisté sur deux points. D’abord, la portée économique de l’infrastructure. La remise en service de cette section rétablit de meilleures conditions de circulation sur un itinéraire essentiel aux déplacements des personnes, des étudiants et au transport des marchandises entre les régions du Littoral, de l’Ouest et du Sud-Ouest.

Ensuite, la responsabilité des usagers. L’”ingénieur de l’État” a appelé à une préservation de l’ouvrage afin de garantir sa durabilité.

Répondant aux doléances du maire de Dschang concernant l’aménagement de la voirie urbaine, le ministre s’est voulu rassurant, promettant un examen particulier de ces requêtes.

Sous la pluie de Dschang, une route est donc rouverte. Plus courte, plus sûre, plus technique, elle incarne la nouvelle doctrine du MINTP : restaurer, moderniser et innover, même face à la montagne.

Gérard Njoya

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