
OCS : une plateforme pragmatique à étendre pour le bien commun du Sud global
Le Sommet 2025 de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) se tiendra du 31 août au 1er septembre à Tianjin, dans le nord de la Chine. L'Esprit de Shanghai est un concept de relations internationales conjointement promu par les États membres de l'OCS. Il prône "la confiance mutuelle, le bénéfice mutuel, l'égalité, la consultation, le respect de la diversité des civilisations et la poursuite d'un développement commun". Dans une interview accordée à CGTN Français, Gérard Njoya, rédacteur en chef à l'Actu Chine-Cameroon, a interprété l'Esprit de Shanghai du point de vue de la coopération en matière de sécurité, de l'intégration économique, du développement vert et de la gouvernance mondiale, et a exploré comment les pays africains peuvent s'inspirer de l'expérience de l'OCS pour promouvoir le développement régional et promouvoir conjointement la construction d'une communauté de destin pour l'humanité. Selon lui, la coopération sino-africaine appartient au Sud global et les dix membres actuels de l'OCS sont pour une alternative à l'Occident. Pour une Afrique plus stable et plus tournée à l'avenir, l'Esprit de Shanghai est un autre choix.

Face à l’insécurité criarde et aux enjeux de développement à lever mutuellement entre les pays du Sud global dont les États africains en particulier, l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), un groupe intergouvernemental dynamique dans les domaines sécuritaire, politique et économique, doit désormais s’ouvrir jusqu’en Afrique.
Instituée en 2001 par la Chine, la Russie et quelques quatre pays d’Asie centrale : le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, l’OCS est adossée sur l’Esprit de Shanghai, une nouvelle base de relations internationales prônant la confiance mutuelle, les avantages mutuels, l’égalité, la consultation, le respect des diverses civilisations et le développement commun de ses États membres. Du 31 août au 1er septembre 2025, cette organisation qui regroupe aujourd’hui 10 États membres, tiendra son 25e Sommet à Tianjin, dans le nord de la Chine, sous la bannière de l’ “OCS verte”. Un rendez-vous important qui rassemblera plus de 20 chefs d’État et de gouvernement, au moment où les pays du Sud global continuent à rechercher conjointement de solutions face aux problèmes d’unilatéralisme des États-Unis et d’insécurité dans certains États africains. Comment utiliser l’OCS pour relever ces défis pressants ?
L’OCS face au protectionnisme américain
La coopération entre la Chine et les États de l’OCS est dynamique et fructueuse. De divers domaines ont enregistré des résultats positifs, montrant la mobilisation continue d’un groupe soudé pour la cause de l’humanité. Face à la résurgence du protectionnisme américain, il est plus qu’impératif que l’organisation reste focus sur son engagement initial et fasse progresser l’Esprit de Shanghai en l’étendant jusqu’en Afrique. Car dit-on, il s’agit-là d’un bouleversement de l’ordre mondial qui pourra aussi impacter sur l’économie des pays africains. Pourtant, l’Agenda 2063 de l’Union africaine est conçu pour un développement inclusif et, la Chine, principale partenaire de l’Afrique dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan, est la présidence tournante de l’OCS. On peut donc dire qu’en quelques points, la coopération sino-africaine et l’OCS partagent une même vision : la recherche du bien commun de l’humanité. Elles devraient donc agir ensemble pour un retour au multilatéralisme. En fait, pour mieux répondre collectivement au problème du protectionnisme américain, les deux parties doivent discuter autour d’une même table.
L’OCS et la coopération sino-africaine
La coopération sino-africaine appartient au Sud global et les dix membres actuels de l’OCS sont pour une alternative à l’Occident. Pour une Afrique plus stable et plus tournée à l’avenir, l’Esprit de Shanghai est un autre choix. Des mécanismes de mutualisation des agences de renseignements des États membres de l’OCS pour assurer la sécurité collective des adhérents, peuvent inspirer l’Afrique dans sa lutte contre le terrorisme. Aussi, les politiques environnementales, la logistique transfrontalière, la coopération industrielle et les politiques de dépenses militaires de l’organisation, constituent des modèles pratiques à utiliser pour la stabilité de l’économique africaine. En réalisant par exemple des projets d’infrastructures régionales sur le continent, l’OCS pourra mieux soutenir l’Union africaine dans sa politique de libre-échange continentale.
Mais pour une bonne collaboration entre les États africains et ceux de l’OCS, il faut que les deux parties apprennent à mieux se connaître. Autrement dit, il faudra penser à des sommets OCS-FOCAC et à renforcer les échanges humains entre les pays des deux parties. Ainsi fait, on pourra arriver enfin à construire des routes commerciales et économiques FOCAC-OCS. La République populaire de Chine en tant que présidence actuelle de l’OCS et porteuse principale de l’initiative « la Ceinture et la Route », peut jouer un rôle crucial pour rapprocher les deux parties. Le faisant, on pourra observer à l’avenir une densification de coopération entre ces pays au niveau international et de ce fait, assister à une gouvernance mondiale plus inclusive.
(Photo : VCG)




