
“Nous sommes du bon côté de l’Histoire” : le récit du Pr. Nkolo Foé, un camerounais ayant pris part au 80e anniversaire de la victoire dans la Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et la Guerre mondiale antifasciste

Le mot sans doute le plus entendu sur la Place Tiananmen en ce mercredi 3 septembre 2025, est le suivant : “Nous sommes du bon côté de l’Histoire”. Le soleil était radieux, la foule joyeuse et colorée. Sous le regard protecteur de Mao Tsé-Toung et le leadership calme, assuré et rassurant du Président Xi Jinping, entouré à l’occasion de ses pairs de Russie, de Corée du Nord (chaudement applaudi ici), de l’Iran, du Vietnam, du Congo, de Biélorussie, de l’Indonésie, etc., chacun était conscient de vivre un moment historique exceptionnel; l’un de ces rares moments où le monde bascule… cette fois-ci, pour le grand bien de l’humanité. Tout au long de la cérémonie, et en voyant le déploiement de forces civiles (que nous représentions) et militaires, je n’ai cessé de penser à un grand homme, un héros Africain, militant de la cause du Sud global, Samir Amin. Il y a moins d’une décennie, il exigeait de la Chine qu’elle continue avec obstination à faire preuve de leadership moral; il demandait surtout à l’Empire du Milieu de renforcer ses capacités militaires, de se doter d’une puissance de riposte dissuasive et de poursuivre avec détermination l’œuvre de reconstruction du système international. La mission confiée à la Chine était donc sans équivoque: elle devait en fin de compte se doter de capacités militaires, économiques, financières et idéologiques suffisantes pour pouvoir soutenir les initiatives indépendantes des pays du Sud global. C’est ce message que j’ai tenu à faire passer dans ma conférence organisée dans le cadre de ces commémorations par l’institute of Party History and Literature of the Communist Party of China Central Committee, l’Armée de Libération Populaire et l’Académie Chinoise des sciences sociales. Mon seul regret est que, mort plus tôt, Samir Amin lui-même n’ait pas pu vivre ce moment historique qu’il appelait de ses vœux.
Pr. Nkolo Foé




