
Transfert de compétences : le gouvernement camerounais et la compagnie chinoise CFHEC s’accordent sur la capitalisation de la main d’œuvre locale

L’accord-cadre, instrument de gage pour la matérialisation de ce projet, a été signé ce mardi 13 janvier 2026, à Yaoundé, entre les deux parties.
Pour la partie chinoise, M. Zhao Zong Zhi, directeur général de la China First Highway Engineering Co. Ltd (CFHEC), a signé, tandis que le Pr Jacques Fame Ndongo, ministre d’Etat, ministre camerounais de l’Enseignement supérieur, a signé pour son pays en présence de ses collègues membres du gouvernement.
Dans le détail, le document signé vise à matérialiser le Programme de capacitation professionnelle des étudiants et diplômés supérieurs camerounais en génie civil. Une initiative louée par toutes les parties.
Désormais, la CFHEC devra apporter son expertise technique et son expérience dans la construction de grandes infrastructures, ainsi que des ressources pour la formation et le développement des compétences des étudiants et diplômés locaux. En retour, le Minesup et les universités du Cameroun va offrir un vivier de jeunes talents et une plateforme pour la mise en œuvre de ce programme de formation et de certification professionnelle.
La compagnie chinoise s’engage donc, à transformer ces nombreux chantiers au Cameroun en écoles à ciel ouvert. Selon son directeur général, il ne s’agira pas de simples stages académiques de découverte mais d’un véritable parcours de capacitation avec pour objectif d’amener l’étudiant camerounais d’un point A théoricien à un point B professionnel, compétent et autonome. L’apprenant sera évalué non plus par une note académique mais par sa capacité à respecter les techniques mondiales.

Le programme introduit une innovation majeure dans le paysage universitaire : la double qualification. À l’avenir, l’étudiant camerounais ne sortira plus seulement avec un diplôme attestant de son savoir mais, en plus, il aura une certification attestant de son savoir-faire.
Ce programme de formation est structuré autour d’une pyramide de cinq grades qui ne laisse personne de côté. Il va de l’ouvrier certifié accessible sans prérequis académiques jusqu’à l’ingénieur certifié. La méthode d’évaluation s’étend de la montée en autonomie réelle du candidat sur une échelle de cinq paliers allant de novice à expert.
Il permettra ainsi à la CFHEC, de bénéficier d’une main-d’œuvre locale qualifiée et adaptée à ses besoins, tout en contribuant au développement du capital humain et à l’amélioration de l’image de l’entreprise au Cameroun. C’est un pas important vers la souveraineté technique du Cameroun, permettant aux jeunes diplômés de devenir des acteurs clés du développement de leur propre pays. La Chine offre ainsi une opportunité historique aux camerounais de transformer une frustration légitime en une chance de bâtir l’avenir du Cameroun.
Sandrine Namen



