Les Sorties de XI Jinping
A la Une

Xi Jinping chez Donald Trump : une visite pour la stabilité mondiale

C’est probablement la visite que tout le monde attendait en ce moment critique. Le président chinois Xi Jinping effectue une visite d’État aux Etats-Unis du 23 au 25 septembre 2026, à l’invitation du président américain Donald Trump.

Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, la Chine n’y va pas en position de faiblesse. La démarche est très claire : “échanges approfondis sur les relations bilatérales sino-américaines ainsi que la paix et le développement dans le monde”. Un chose dont le monde a besoin pour sa stabilité.

Si Pékin se retrouve à Washington, c’est premièrement pour sanctuariser la trêve commerciale. Souvenez-vous, les tarifs américains sur les produits chinois avaient grimpé à 145% avant d’être réduits. Xi et Donald pourront donc échanger pour éviter une nouvelle guerre tarifaire qui a coûté 1,5% de croissance au commerce mondial en 2025.

Deuxièmement, imposer l’idée d’une relation “stable et constructive”. Pékin refuse la logique de découplage total poussée par Washington. Son message est depuis toujours annoncé : on est concurrents, pas ennemis. On gère nos différends, on coopère où c’est possible.

Troisièmement et enfin, parler d’égal à égal des grands dossiers mondiaux : IA, climat, non-prolifération, dette du Sud Global. C’est la posture d’une puissance qui ne vient pas demander, mais co-gérer.

La Chine souhaite avancer ensemble avec les États-Unis. C’est aussi stratégique. Une visite d’État du 23 au 25 septembre à la Maison Blanche, la première depuis plus d’une décennie, c’est une reconnaissance de statut. Elle casse le récit de l’isolement. Économiquement, elle sécurise son accès au marché américain, toujours son premier client en haute technologie, et envoie un signal rassurant à tous les investisseurs étrangers.

Il faut dire de l’autre côté que pour les États-Unis, la valeur semble être immédiate et économique. Trump l’a dit lui-même le 18 septembre : “We are doing very well with China… We are going to have a lot of different deals”. Washington a besoin de la Chine pour trois urgences : contenir l’inflation avec des produits à bas prix, sécuriser les terres rares et les batteries pour sa transition énergétique, et trouver des acheteurs pour son soja, son gaz et ses Boeing.

Les fruits de cette rencontre sont aussi attendus par le Sud global. On peut bien penser que c’est seulement une affaire de grandes puissances, mais ce n’est pas totalement vrai. Quand les deux plus grandes économies du monde s’entendent, ou se déchirent, c’est le prix du pétrole ou du gaz à Yaoundé qui bouge. Si la visite réussit, c’est une bonne nouvelle pour le Sud global. Une baisse des tarifs USA-Chine signifie moins d’inflation mondiale, des taux d’intérêt qui baissent, et un dollar moins fort. Résultat : le service de la dette du Sud coûte moins cher, les engrais et les motos que nous importons aussi. C’est aussi plus d’espace pour que la Chine continue d’investir dans les infrastructures en Afrique sans être sous sanction américaine.

Mais si elle échoue, c’est l’inverse. On repart vers deux blocs technologiques et commerciaux séparés. Nous, pays du Sud, serions forcés de choisir entre le standard américain et le standard chinois pour la 5G, les paiements, les véhicules électriques. Le pire des scénarios.

Au clair, la vraie opportunité de cette visite est aussi de placer le Sud au centre des discussions. Il constitue un appendice pour la stabilité mondiale. La Chine a intérêt à porter notre voix sur la dette, le climat et la réforme de l’OMC. C’est en fait, le moment pour l’Union Africaine de rappeler que la stabilité mondiale ne se fera pas sans l’Afrique.

Gérard Njoya

 

 

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité