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Sommet des BRICS 2026 : l’Afrique face à une opportunité historique de peser sur les règles du jeu mondial

Le Sommet des BRICS, qui se tient les 12 et 13 septembre 2026 à New Delhi, intervient à un moment charnière. Le mécanisme élargi – désormais composé de onze membres avec l’entrée de l’Égypte, de l’Éthiopie et de l’Iran, ouvre pour l’Afrique une fenêtre d’opportunités qu’il convient d’appréhender avec lucidité. La question centrale n’est pas de savoir si l’Afrique dispose d’une nouvelle tribune, mais si elle saura s’en servir pour transformer sa position dans l’économie mondiale.

L’élargissement des BRICS offre d’abord à l’Afrique un espace de négociation collective. Pendant des décennies, les pays africains ont négocié individuellement, face à des institutions financières internationales qui imposaient leurs conditionnalités.

L’adhésion de l’Égypte et de l’Éthiopie, aux côtés de l’Afrique du Sud, crée un bloc africain capable de porter des positions communes sur la réforme des institutions de Bretton Woods, l’allègement de la dette et la refonte des agences de notation. Cette dynamique rejoint les ambitions du Comité National Economique et Financier du Cameroun, qui explore actuellement la création d’un centre d’arbitrage et de médiation bancaires et financiers. L’enjeu est identique : doter le continent d’outils de règlement des différends qui échappent aux juridictions et aux standards imposés de l’extérieur.

Une voix collective pour peser

La Chine, qui assure une présidence tournante structurante au sein des BRICS, joue un rôle moteur dans cette montée en gamme. Depuis le 1er mai 2026, elle applique une exonération totale de droits de douane sur 100 % des produits issus de 53 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec elle. Pour le Cameroun, grand producteur mondial de cacao, cette mesure représente une opportunité directe. Mais l’avantage ne s’arrête pas à l’accès au marché. Les projets chinois en Afrique, zones économiques spéciales, transferts de technologie, formation professionnelle, visent à renforcer la capacité productive locale.

C’est là que réside la véritable valeur ajoutée. C’est-à-dire, transformer une opportunité commerciale en capacité industrielle durable.

Les BRICS constituent aujourd’hui la principale force de rappel du multilatéralisme, à un moment où les grandes puissances tendent à privilégier les rapports de force bilatéraux. Pour l’Afrique, cette posture a une portée concrète. Elle permet de contester la domination des monnaies de réserve, de réclamer une meilleure représentation au sein des institutions financières et de faire entendre une voix distincte dans les négociations climatiques. Le Cameroun, qui abrite le siège de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale, a tout intérêt à s’appuyer sur cette dynamique pour renforcer son intégration financière régionale et attirer des financements alternatifs.

De l’accès au marché à la transformation structurelle

L’opportunité africaine dans les BRICS ne se mesurera pas au volume des échanges commerciaux, mais à la profondeur de la transformation structurelle qu’elle permettra. Si l’élargissement se traduit uniquement par une diversification des destinations d’exportation de matières premières, l’Afrique n’aura fait que changer de partenaire sans changer de position. Si, en revanche, il débouche sur le transfert de technologies, la formation d’ingénieurs locaux et la création de chaînes de valeur intégrées, alors l’Afrique aura enfin les moyens de peser dans la gouvernance mondiale. C’est tout l’enjeu du Sommet de New Delhi. Et c’est là que se jouera, pour les prochaines décennies, la véritable place de l’Afrique dans l’ordre économique international.

Jesus Pouth

 

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