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Les motos électriques en Chine, une révolution silencieuse à l’ère nouvelle

Shanghai, 7h du matin. Notre journaliste Gérard Njoya, en séjour en Chine, fait une observation curieuse. La rue est pleine, ça roule de partout, en voitures, en motos… mais pas un bruit.

Si on parle beaucoup des voitures électriques dans la grande révolution verte chinoise, le vrai phénomène, le plus spectaculaire, c’est la moto. À Shanghai, c’est un flux silencieux, une marée de milliers de motos électriques qui glissent chaque matin vers les usines, les universités et les marchés. C’est l’un des visages les plus concrets de la transformation verte chinoise. Et pourtant, il y a 25 ans, personne n’aurait parié un yuan sur elle.

En effet tout commence dans les années 90, dans les ateliers de Wuxi et Tianjin. Ici, on soude un moteur sur un vélo et on y ajoute une lourde batterie au plomb. C’est laid, c’est lent, limité à 20 km/h, mais c’est bon marché.

Et vint la transformation dans la nouvelle ère

En 2011, la Chine compte un peu plus de 120 millions de motos électriques. Et dans le contexte de la pensée de Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère, l’État serre la vis, interdit les batteries polluantes et impose la sécurité. C’est le déclic total. Des nouvelles marques comme Yadea, apparaissent dans les rues chinoises. La moto électrique passe du vélo amélioré à l’objet tech : batterie lithium amovible, 100 km d’autonomie, GPS antivol, écran connecté.

Aujourd’hui, les chiffres donnent le vertige. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, la Chine comptait en 2024, plus de 67 millions de 2-3 roues électriques en circulation, soit 39% de tout son parc. Et le monde en veut. En 2025, la Chine a exporté 26,7 millions de deux-roues électriques pour 6,8 milliards de dollars, avec une hausse de 68,2% au premier trimestre 2026.

Les raisons d’une transformation réussie

Sur la question de savoir pourquoi la Chine a fait ce choix, le Pr. Wang Zahogqin explique à Gérard que la valeur concrète de la moto électrique est qu’elle constitue c’est le transport du dernier kilomètre. « Il a désengorgé les bus, remplacé les motos à essence dans les villes et villages où l’essence a été interdite », a expliqué l’enseignant de sociologie.

Au plan de la transformation verte, c’est le plus grand succès de décarbonation rapide en Chine. On parle de Zéro émission directe, bruit divisé par 10 et une consommation moyenne visée par le plan 2030 : 11,5 kWh / 100 km pour les électriques, contre 3,3L pour le parc thermique. La moto électrique a permis aux villes chinoises de réduire la pollution PM2.5 tout en gardant la mobilité.

À travers cette expérience réussie, la Chine a prouvé qu’on peut électrifier la mobilité par le bas, avec les 2 roues, pas seulement par le haut avec les voitures de luxe. C’est une leçon verte, industrielle et sociale pour tout le Sud.

Gérard Njoya

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