Opinions
A la Une

Quand la Terre retrouve ses astronautes : mon témoignage après la couverture du retour de l’équipage de Shenzhou-21 à bord du vaisseau Shenzhou-22

Module de retour Shenzhou-22

Se poser verticalement et parfaitement stable sur Terre, c’est la première et la plus frappante impression que j’ai retenue du retour de l’équipage de Shenzhou-21 à bord du module de retour Shenzhou-22. Dans l’histoire du programme spatial chinois, ce n’est pas un événement fréquent : sur l’ensemble des 22 retours réussis des vaisseaux Shenzhou, seulement cinq se sont achevés par un atterrissage parfaitement vertical.

L’auteur de l’article lors de l’émission spéciale

Le 29 mai 2026, j’ai animé l’émission spéciale dédiée au retour sur Terre de l’équipage de Shenzhou-21. En tant que présentatrice ayant couvert à plusieurs reprises des retours de vaisseaux spatiaux, j’ai néanmoins été particulièrement marquée par plusieurs points remarquables, à commencer par la position finale parfaitement verticale du module Shenzhou-22. Pour les trois astronautes, c’est la position d’atterrissage la plus confortable et la plus idéale qui soit.

Astronaute ZHANG Lu

Pourtant, un atterrissage vertical parfait au contact du sol requiert la réunion simultanée de multiples conditions : vent faible, terrain d’atterrissage plat sans obstacle ni grosse roche, déclenchement précis de la coupure du grand parachute principal par l’équipage, ainsi qu’un angle de posture et un fonctionnement des rétrofusées parfaitement calibrés. En bref, il faut une part de chance mais surtout une technologie solide et fiable. Et le progrès technique permet de réduire la dépendance au hasard.

C’est précisément l’objectif des efforts continus de la Chine : rendre l’atterrissage spatial moins aléatoire, plus maîtrisé, plus sûr et plus confortable pour les astronautes. Aujourd’hui, la probabilité d’un atterrissage vertical est passée à 27%, contre 18% avant la mission Shenzhou-12. Cette évolution résulte de l’amélioration et de la sophistication de l’ensemble des systèmes spatiaux : navigation haute précision, prédiction minutieuse du point d’atterrissage, sélection optimisée de la fenêtre de retour et prévision météorologique ultra-fine. Je suis convaincue qu’avec la maturation constante des technologies spatiales chinoises, cette probabilité continuera d’augmenter.

Astronaute WU Fei

Autre avancée majeure et saisissante : la levée de la zone d’ombre de communication, aussi appelée « black-out ». Longtemps, la traversée de la couche de plasma lors de la rentrée atmosphérique coupait totalement le lien entre la capsule et la Terre. Pendant plusieurs minutes, plus aucun signal ni données ne pouvait être transmis, créant un vide de communication qui suscitait une vive attente et une certaine incertitude pour les équipes au sol. Cette mission marque la première fois dans l’histoire des missions habitées chinoises que la communication reste continue et stable tout au long de la traversée de la zone de black-out.

Pour nous journalistes et animateurs qui suivons et commentons ces missions, ce n’est pas qu’une simple avancée technique. C’est la fin de l’incertitude lors de la phase la plus dangereuse du retour spatial. Pendant ces minutes cruciales, nous avons pu connaître en temps réel l’état des astronautes, leur fréquence cardiaque et la posture de la capsule. Nous n’étions plus de simples observateurs : nous avons partagé en direct chaque étape de leur retour sur Terre.

Astronaute ZHANG Hongzhang

Un autre point qui m’a profondément marquée ainsi que mon invitée spéciale, madame Sarina, professeure à l’Université d’aéronautique et d’astronautique de Beijing, c’est l’excellent état d’esprit des trois astronautes. Tous trois étaient en pleine forme, souriants et éloquents. Leur voix ferme, claire et énergétique témoignait d’un séjour spatial maîtrisé et d’un retour serein et confortable.

Invitée spéciale de l’émission Sarina

Par ailleurs, après l’équipage de Shenzhou-20 revenu à bord du vaisseau Shenzhou-21 en novembre 2025, cette mission constitue la deuxième application officialisée du nouveau mode de retour ultra-rapide. L’engin ne réalise que trois orbites autour de la Terre, pour un retour total de seulement 5,5 heures. Cela prouve que la technologie de retour rapide chinoise est désormais stable et normalisée. La technologie spatiale chinoise n’est plus seulement performante, elle est aussi douce et fiable pour l’équipage.

Bien que j’aie couvert de nombreux lancements et retours spatiaux au fil des années, je reste toujours impressionnée par ces nouvelles avancées, ces progrès constants et un système spatial de plus en plus stable et perfectionné. Chaque pas solide de l’aérospatiale chinoise nous convainc davantage : le ciel étoilé n’est plus une frontière lointaine, mais un chemin que nous parcourons avec assurance et sérénité.

Par ZHAO Zhijin, présentatrice à CGTN Français

 

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité