
Route Douala-Bafoussam : le Cameroun décroche 139,2 milliards de FCFA auprès de la BID, CFHEC, Sinohydro et la Brigade du MINTP déjà mobilisées sur le terrain

C’est un financement majeur pour l’un des corridors routiers les plus dégradés et les plus stratégiques du Cameroun.
Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT), Alamine Ousmane Mey, a signé ce 13 octobre 2026 à Bangkok, en Thaïlande, un accord de prêt de 212,35 millions d’euros, soit environ 139,2 milliards de FCFA, avec le président de la Banque islamique de développement (BID), Dr Muhammad Sulaiman Al Jasser. Ce prêt est destiné au financement du Projet de Réhabilitation de la Route Douala–Bafoussam (PRRDB), axe névralgique reliant le Littoral à l’Ouest.
Il faut dire que cette signature à Bangkok, en marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale (12 au 18 octobre 2026), est l’aboutissement d’une procédure enclenchée au plus haut niveau de l’État.
En effet, suite à un décret du président de la République du Cameroun, Paul Biya, instruisant le MINEPAT d’aller solliciter un prêt auprès de la BID pour financer ces travaux, le processus a été formellement lancé à Yaoundé.
Mais en attendant le lancement d’appel d’offres pour la réhabilitation de ce grand chantier, la mobilisation est déjà réelle sur le terrain. Sous la conduite du ministre des Travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi, les entreprises chinoises China First Highway Engineering Co. (CFHEC) et Sinohydro, aux côtés de la Brigade Nationale des Travaux en Régie du ministère des Travaux publics, ont mené des inspections conjointes sur les points critiques de la route le 1er octobre 2026. Cette descente visait à identifier les zones les plus dégradées, traiter les bourbiers, les nids-de-poule profonds et les sections menacées d’effondrement, afin d’assurer une circulation minimale et de préparer les travaux de réhabilitation d’urgence. La présence anticipée des constructeurs chinois lors de cette descente confirme leur positionnement stratégique sur ce projet d’envergure.
Inscrit dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), le PRRDB vise à améliorer durablement la mobilité des personnes et des biens entre le Littoral et l’Ouest ; à fluidifier le transport et réduire les temps de parcours ; à faciliter l’acheminement des produits agricoles de l’Ouest, grenier du Cameroun, vers Douala et Yaoundé et à renforcer les échanges commerciaux sous-régionaux.
Pour les populations et les transporteurs qui endurent depuis des années le calvaire de cette route, ce financement de la BID sonne comme le signal officiel du début de la fin de l’enclavement.
Gérard Njoya




