

Le port de Libre-échange de Hainan, Chine, ouvrira des nouvelles perspectives à l’échelle internationale pour devenir à partir du 18 décembre 2025, un instrument important pour faciliter les échanges commerciaux entre la Chine et le reste des pays du monde entier.
Le Cameroun, avec son port autonome de Kribi (PAK), une étoile exceptionnelle d’une constellation qui fait briller le ciel de la coopération sino-camerounaise, a tous les griefs nécessaires pour saisir cette autre opportunité chinoise afin d’élargir et de diversifier ses échanges commerciaux.
Port autonome de Kribi, un hub maritime à vocation régionale
Le PAK répond aux critères importants pour opération une douanière qui vise à offrir plus de facilités à l’importation et à l’exportation des grandes marchandises et à attirer davantage d’investisseurs étrangers.
Situé à 35 km de la ville balnéaire de Kribi, sur la côte camerounaise, l’ouvrage borne le golfe de Guinée en Afrique et l’Océan Atlantique. Le PAK est une œuvre splendide de la coopération sino-camerounaise, exploitée dans sa première phase en 2018 et dans sa deuxième phase le 09 mai 2025. L’ensemble des travaux de sa construction a été tenu des mains fortes du maître d’œuvre chinois China Harbour Engineering (CHEC).
Dans le détail, le port autonome de Kribi est un hub maritime moderne en Afrique centrale. Construit sur une superficie de 26 000 ha, le PAK comprend entre autres, un port général avec terminal à conteneurs, un terminal polyvalent, un terminal hydrocarbures associé à une aire de stockage et un terminal céréalier, un terminal méthanier, une usine de liquéfaction de gaz naturel, un port de plaisance, un port de pêche industrielle et une base navale.
Selon les chiffres officiels avancés lors de sa cérémonie d’inauguration, la phase 2 est dotée d’un terminal à conteneurs long de 715 m et d’une profondeur de 16 m. On parle d’un deuxième terminal moderne et performant de 5 portiques de quai de 65 tonnes, 15 portiques de parc, 25 tracteurs et 30 remorques portuaires, et un terre-plein de 30 hectares.
La capacité annuelle du terminal à conteneurs du PAK est passée de 350 000 EVP (Equivalent vingt pieds) à plus d’un million d’EVP avec la mise en exploitation de sa deuxième phase.
Un jour avant la réception de la phase 2 le 09 mai 2025, le MSC TURKIYE, l’un des plus grands porte-conteneurs au monde, long de 400 mètres avait accosté au port autonome de Kribi, illustrant parfaitement la compétence de l’infrastructure.
Le port autonome de Kribi tient l’axe commercial Cameroun-Tchad-République Centrafrique, optimise les connexions d’échanges avec le Congo et attire aussi les grands investisseurs. Le 27 juin 2025, lors de son assemblée générale ordinaire, le port présentait une hausse du trafic de 12,7 millions de tonnes pour un chiffre d’affaires de 35,3 milliards de FCFA (+24%) en 2024, contre 10,7 tonnes pour 27 milliards de FCFA en 2023.
Un port en quête permanente d’opportunités
Le port autonome de Kribi est très ambitieux. C’est un géant à devenir, prêt à jouer dans la cour des grands ports mondiaux. Au-delà de toutes les prouesses techniques, le PAK est un levier stratégique dans l’économie du Cameroun et de la sous-région Afrique centrale. Il ouvre la voie à la réduction des coûts logistiques et à une meilleure intégration dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et, est connecté à tous les réseaux miniers du Cameroun.
Désormais une escale clé de la ligne maritime Africa Express de MSC, reliant l’Asie aux côtes ouest-africaines, le PAK est un axe majeur pour les échanges de haut niveau dans le commerce transfrontalier.
Avec le lancement officiel de l’opération douanière indépendante à l’échelle de l’île par le port de libre-échange de Hainan en Chine, le PAK a dorénavant un plus grand partenaire portuaire chinois à saisir fraîchement pour renforcer la promotion de la coopération économique et commerciale entre le Cameroun et la Chine.
D’un point de vue objectif, les deux ports peuvent constituer un réseau logistique interconnecté pour les transits Chine-Afrique centrale. Et de ce fait, l’un pourra mieux bénéficier des opportunités de l’autre et vice-versa.
Alors que le PAK joue déjà un rôle crucial pour le développement de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), son réseau avec le libre-échange de Hainan apportera une touche supplémentaire à cet exercice. On pourra donc avoir une Chine, moteur des échanges économiques et commerciaux dans la côte ouest-africaine.
Gérard Njoya




