
Taiwan : incontestablement une province Chinoise… ses représentants n’ont pas droit aux mêmes commodités diplomatiques que les autorités de la République populaire de Chine.
Rappel-mémoire : C’est l’histoire et le droit international qui font de Taiwan une province de la Chine malgré les manœuvres “perverses” des États-Unis.

De l’histoire…
Depuis le 17e siècle, durant la dynastie des Qing, l’île (Formose) qui abrite aujourd’hui Taïwan est intégrée dans l’empire chinois, qui l’administre au moins dès cette période. Cela dure jusqu’au 19e siècle. En effet, en 1895, la Chine est obligée de céder l’île au Japon à travers le traité de Shimonoseki qui sanctionne la première guerre sino-japonaise. Elle est ainsi administrée par le régime Nippon jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale. Au cours de cette guerre, la Chine parvient à expulser les Japonais de son territoire. C’est ainsi que le Japon est sommé de rétrocéder l’île de 36.000 km² à la Chine.
La fracture vient du fait que, lors de la guerre civile chinoise (1946-1949), les nationalistes sont renversés du pouvoir par les communistes de Mao Tsé-toung. Tchang Kai Check, le leader nationaliste se réfugie ensuite sur cette partie insulaire de la Chine avec quelques partisans, dans l’espoir d’en faire une base arrière afin de revenir conquérir le pouvoir conquis par les communistes. Cependant, Mao prend le soin de proclamer un nouvel État, la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949 et entame de nombreuses réformes qui bénéficient très rapidement de l’adhésion massive du peuple chinois tout entier, établi sur environ 9 millions 600 mille km². Renié par le peuple chinois, Tchang rebaptise cette province chinoise Taiwan ou République de Chine, avec l’aide des Américains qui manœuvrent plus tard pour que le régime de Taipeh siège illégitimement à la place de la Chine à l’Assemblée Générale de l’ONU et au Conseil de Sécurité. Les États-Unis en font en réalité un satellite pour surveiller la Chine et la Corée du Nord notamment, avec l’espoir d’endiguer le communisme en Asie du Sud-Est.
Du droit international…
Au plan du Droit international, plusieurs éléments sont mobilisables et montrent la pertinence des arguments mis en relief par les autorités Chinoises sur Taiwan, comme étant une partie intégrante de la République populaire de Chine. En effet, vers la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, deux Déclarations sont produites par les futurs vainqueurs de cette guerre, en présence de Tchang Kai Check lui-même. Il s’agit de la Déclaration du Caire en 1943 et de la Déclaration de Potsdam en 1945. Elles prévoient la restitution des territoires chinois occupés par le Japon, y compris Taiwan. Il s’agit donc là d’un acte de restauration de l’intégrité territoriale de la Chine, à la lumière des deux textes susmentionnés.
Par ailleurs, en 1971, après avoir siégée illégitimement à la place de la Chine à l’Assemblée Générale des Nations Unies et au Conseil de Sécurité de cette institution internationale, Taiwan est expulsée de l’ONU suite à un vote majoritairement en faveur de la Chine. Cette restauration des droits légitimes de la Chine est formalisée par la résolution 2758 des Nations Unies le 25 octobre 1971. Il s’agit là du véritable retour de la Chine sur la scène internationale au lendemain de la révolution de 1949, après deux décennies d’usurpation de ses droits légitimes par l’île rebelle. Il faut observer que cette violation des droits de la Chine a été soutenue pendant longtemps par l’ONU elle-même, les États-Unis et de nombreux pays occidentaux.
Ces actes de l’espace international ont produit de nombreuses conséquences qui jusqu’à ce jour, fragilisent et neutralisent toute action et activité internationales des autorités de Taiwan. Il faut mentionner que l’île rebelle suffoque actuellement sous un isolement international qui montre bien que le temps de l’achat des relations diplomatiques auprès des dirigeants de ce monde avec sa diplomatie du chéquier est révolu. Il ne reste plus qu’une douzaine de pays de très petite importance qui entretiennent des relations officielles avec Taiwan. (Guatemala, Belize, Haïti, Paraguay, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, les Îles Marshall, Palaos, Tuvalu, Eswatini et le Vatican).
De la souveraineté…
Cependant, plus de 180 pays dans le monde reconnaissent qu’il n’existe qu’une seule Chine incarnée par le gouvernement qui siège à Beijing, avec Xi Jinping chef de l’État. Ainsi, si la Chine, deuxième puissance du monde, engageait une opération spéciale pour discipliner les derniers partisans de la sécession de cette province chinoise, à l’effet de restaurer la légalité républicaine en mettant Taiwan en harmonie avec la partie continentale du pays, ce serait un droit légitime, un usage pur et simple de sa souveraineté sur son territoire.
Par Antoine ZANGA METILI, Journaliste, Historien des Relations Internationales (Chercheur au CERCA, Centre d’Études et de Recherche sur la Chine-Afrique)




