

L’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse à la suite de frappes américaines constitue une agression caractérisée contre un État souverain.
Le 4 janvier, Beijing a appelé Washington à libérer immédiatement le président Maduro et son épouse, et à revenir à la voie du dialogue. La méthode employée par les États-Unis franchit une ligne rouge : celle du respect minimal des règles internationales.
En agissant ainsi, Washington envoie un message dangereux : la force prime désormais sur le droit. Si un chef d’État élu peut être saisi par une puissance étrangère, alors aucun pays n’est réellement protégé — pas même les alliés des États-Unis.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Amérique latine a servi de laboratoire à la politique de puissance des États-Unis. Guatemala, Cuba, Chili, Grenade, Panama, Venezuela… à chaque fois qu’un gouvernement élu tentait de reprendre le contrôle de ses terres, de ses ressources ou de sa souveraineté, Washington intervenait.
Toujours avec les mêmes mots : « démocratie », « liberté », « sécurité ». Mais toujours avec les mêmes méthodes : coups d’État, mercenaires, sanctions économiques, pressions militaires. Le résultat est connu : des sociétés brisées, des centaines de milliers de morts, et des pays durablement déstabilisés. Ce que les États-Unis ont pratiqué en Amérique latine n’est pas une défense de la démocratie. C’est une politique d’empire : empêcher les peuples de choisir une voie indépendante lorsqu’elle contredit les intérêts de Washington.
Les conséquences dépassent largement la politique. Le Venezuela accueille des investissements majeurs venus de Chine, d’Europe et d’Amérique latine dans le pétrole, l’électricité, les ports et le logement. La remise en cause brutale de l’autorité étatique jette le doute sur la valeur de tous les contrats. Les groupes français, espagnols et italiens sont directement concernés. C’est la sécurité des affaires qui est atteinte.
Et ce sont les Vénézuéliens qui paient l’addition. Les infrastructures vitales financées par des partenaires internationaux assurent l’eau, l’électricité, les soins et le logement. Les mettre en péril, c’est affaiblir la société tout entière.
Cette opération ne stabilise rien. Elle affaiblit l’ordre international, fragilise l’économie mondiale et fait peser un risque durable sur les populations. À long terme, nul n’y gagnera.
Zhang Shanhui
Chroniqueuse internationale, CGTN
Chercheuse au CCG




