
Présentatrice, chroniqueuse
CGTN
Les « Deux Sessions », ce sont les réunions annuelles de l’Assemblée populaire nationale (APN), organe législatif suprême de l’État, et du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), plus haute instance consultative politique.
Qu’est-ce que l’Assemblée populaire nationale ?
L’APN est l’organe qui adopte les lois, examine et approuve le budget de l’État, valide les grandes orientations économiques et sociales, et supervise l’action du gouvernement. Elle élit également les principaux dirigeants de l’État et peut amender la Constitution. Concrètement, cela signifie que les grandes priorités nationales — croissance, transition énergétique, IA, innovation technologique, sécurité alimentaire, protection sociale — sont discutées, arbitrées et formalisées ici.
Et la Conférence consultative politique ?
La CCPPC n’est pas un organe législatif, mais un organe de consultation. Elle réunit des représentants issus de divers partis, organisations, milieux académiques, économiques et culturels. Son rôle : faire remonter les propositions, débattre des politiques publiques, formuler des recommandations.
Voyez,la clé est là : élection à la base, consultation en amont, décision centralisée, exécution coordonnée.
Ce modèle privilégie la continuité stratégique. En 1954, la priorité était de construire l’État. Dans les années 1990, il fallait transformer l’économie et inscrire l’« économie socialiste de marché » dans la Constitution. En 2026, l’enjeu est différent : comment maintenir la stabilité tout en accélérant l’innovation dans un contexte géopolitique incertain ?
Les Deux Sessions deviennent alors un baromètre. Elles traduisent le déplacement des priorités nationales :de la souveraineté institutionnelle à la compétitivité mondiale, de la croissance quantitative à la qualité du développement, de la production à la consommation.
Dans certaines démocraties occidentales, l’alternance peut entraîner des ruptures rapides de politique publique. Le système chinois, lui, mise sur la programmation et la prévisibilité.
Cela ne signifie pas absence de débat. Cela signifie que le débat est intégré dans un cadre institutionnel conçu pour produire de la stabilité. Et c’est peut-être cela qui distingue aujourd’hui la Chine dans le paysage institutionnel mondial : une démocratie qui se mesure moins à l’intensité du débat qu’à la cohérence du cap.

Présentatrice, chroniqueuse
CGTN




